Ecole des cadre de Nihon-Taï-Jitsu du 23 novembre 2017 avec P. AVRIL, 6eme DAN Nion-Tai-Jitsu et expert national

Souvenir de l’école des cadres

Jeudi 23/11 au Shaolin de Toulouse a eu lieu la 1ère école des cadres de Nihon-Taï-Jitsu de la saison 2017/2018.

Pour l’occasion, les élèves de plusieurs écoles de la région(Académie des Arts Martiaux, Dojo du clair matin de L’union, Fukushinkan Ryu, …..) s’étaient réunis sous l’égide de Grégoire Grès le nouveau responsable régional avec Olivier Poutoire et de Philippe Avril (6ème Dan Nihon-Taï-Jitsu, 7ème DAN Nihon-Ju-Jitsu et Expert natiaonal).

Pour commencer la soirée,  Younes Sekkal du Fukushinkan Ryu a pris en charge l’échauffement. L’objectif était de présenter de manière pédagogique l’intérêt de l’échauffement, en plus de préparer les élèves aux exercices de la soirée. Il a donc détaillé les éléments clés à prendre en compte afin d’optimiser la montée en température du corps, les différents rythmes, et aussi les choses à ne surtout pas faire afin d’éviter les blessures.

La suite de cours a été gérée par Philippe Avril , qui nous a proposé un travail sur les bases. Ripostes par atémis sur 1ère et 2ème base, ainsi que projections sur 1ère, 2ème, 5ème et 6ème bases. Il nous a détaillé alors les éléments clés de ces techniques ainsi que les modifications apportés par Sensei Roland Hernaez.

L’objectif de la soirée étant de donner aux élèves ainsi qu’aux professeurs des éléments de travail.

Le cours s’est enfin conclu par une séance d’étirements menée par Jean-David Zitoun (3ème DAN Nihon-Tai-Jitsu et 4ème DAN Nihon-Ju-Jitsu) qui, à l’instar de Younes Sekkal a apporté des éléments explicatifs et pédagogiques aux différents exercices.

Ce fut pour tous une bonne soirée d’apprentissage, d’échanges et de partage. Un stage très complet qui aura permis de travailler avec d’autres élèves et ainsi d’enrichir nos connaissances.

La devise de notre école:

« Amitié et prospérité mutuelle »

aura encore une fois parfaitement représenté l’état d’esprit des pratiquants et de ce stage.

Voici quelques photos souvenirs:

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Arnis de Salon, Corto Abanico & Déflexion

Samedi dernier a eu lieu le stage de novembre d’Arnis Doblete Rapilon avec Master Grégoir GRES.

Pour l’occasion, Greg nous a proposé un travail autour de « l’Arnis de Salon »; pour vous rafraîchir la mémoire sur ce travail en distance courte en espace restreint, vous pouvez consulter l’article de Jean-David sur le sujet: Arnis de salon.

Apres un petit échauffement(et quelques péripéties pour certains pour accéder à la salle….), nous étions tous au point et connaissions enfin l’enchaînement « Arnis de Salon » (je suis pas sur que le terme connaitre soit adapté…). Il fut alors temps de passer aux choses sérieuses et à, Greg nous a gâté avec:

  • Un travail de Corto Abanico fait à partir de l’enchaînement « Arnis de Salon »
  • Un travail de Déflexion fait à partir de l’enchaînement « Arnis de Salon ». Le travail de déflexion ayant été abordé lors du stage du mois d’octobre, plus d’info ici.

Dis comme cela, les choses ont l’air simple mais la gestion de la distance, le rythme et l’assimilation des notions abordées n’a pas été des plus faciles.

En tout cas, ce fut un stage fort enrichissant où Greg, indépendamment des éléments travaillés durant ce stage, a mis en avant l’approche pédagogique global et le lien avec les premiers stages de la saison où les notions de Déflexion et Corto Abanico ont été abordées. Un exemple de pédagogie à suivre…

En bonus, quelques photos du stage!

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Une situation d'agression ou le stress peut s'inviter à tout moment!

Agression & gestion du stress

Voilà la suite et fin de mon article sur la gestion du stress. L’accouchement a été long et difficile (la première partie a été publiée en mai dernier !) mais la trêve estivale a été salvatrice.

Lors d’une agression, le stress sera inexorablement de la partie mais hélas ce dernier n’est pas toujours le meilleur des alliés (cf. Stress, ami ou ennemi en cas d’agression ?).

Avant d’aller plus loin, il convient de clarifier ce que l’on entend par gestion du stress. En effet, l’objectif n’est pas d’annihiler le stress et la peur lors d’une agression car ceci est, de mon point de vue, totalement impossible. Il s’agit plutôt de comprendre ses limites et être en capacité à gérer ses émotions (peur, anxiété, …) de manière adéquat afin que le stress subit soit positif et facilite notre action. Et oui, souvenez-vous, le stress peut-être négatif mais aussi positif alors autant voir le verre à moitié plein et prendre le bénéfice de cette réaction naturelle 😉

Facile à dire vous me direz mais comment fait-on concrètement ? Il s’agit principalement de comprendre quelles sont les facteurs de stress afin d’utiliser ces derniers comme facteurs de stress positif et donc salvateurs… En particulier, les facteurs de stress suivants peuvent être tournés à notre avantage :

  • Imprévisibilité de la situation : Si nous avons déjà été confronté à une situation similaire, le stress généré deviendra un stress positif si nous nous y sommes bien préparés
  • Absence de contrôle de la situation: La perte de contrôle est stressante et pénalisante mais avec un entrainement de qualité, il est possible de minimiser ce point
  • Mise en jeu de notre intégrité physique: Cela génère de la peur et une montée d’adrénaline qui diminue notre clairvoyance et lucidité. Des exercices de respiration et une préparation mentale adéquate sont la clef, ici, pour maîtriser son corps, outils indispensable à notre survie.

Préparer l’inconnu

Une situation de self-défense est, par nature, imprévisible mais ce n’est pas pour autant que l’on ne peut pas s’y préparer ; l’entraînement est ici le meilleur des alliés et vous permettra de transformer tout ou partie de votre stress négatif en stress positif et salvateur. Ainsi, un entraînement régulier et surtout le plus réaliste possible est une nécessité car :

  • Il diminuera la sensation d’inconnu d’une situation d’agression et par voie de conséquence, le stress lié au côté imprévisible et affolant d’une telle situation. Ceci vous permettra d’aborder cette dernière de manière plus rationnelle et d’agir ainsi de manière spontanée/réflexe. La connaissance de la situation est réellement un atout : Par exemple, quand vous regardez une compétition de ski, on voit très souvent les compétiteurs mimer la descente avant le départ. Cette technique de visualisation est un moyen de supprimer les inconnus/aléas pouvant survenir durant leur course et ainsi ne plus subir de stress inhibiteur durant la descente ; il n’y a plus d’inconnu pour eux, ils n’ont qu’à exécuter spontanément ce qu’ils ont répété…
  • Il vous donnera confiance: en vous montrant vos compétences en cas d’agression. En effet, la connaissance de techniques de self-défense mais surtout la prise de conscience que vous  pouvez agir vous donnera la confiance suffisante pour faire face dans une certaine mesure, à une situation d’agression.

Attention toutefois, l’entraînement ne supprimera jamais le stress et ne vous montrera jamais la réalité d’une agression. Quelle que soit la discipline martiale que vous pratiquez, votre maître ou instructeur et les mises en situation que vous faîtes à l’entraînement, vous ne percevrez qu’une infime partie de la violence d’une agression réelle et de l’impact psychologique de cette dernière sur votre comportement. L’entraînement est avant tout un moyen de :

  • Découvrir ses limites et comportements sous stress afin de mieux les comprendre et en tirer avantage en cas de réelle agression.
  • Gagner en confiance en évitant de tomber dans l’excès de confiance qui peut induire de mauvaises décisions en cas d’agression (messieurs garder votre EGO de côté ;-)). Par exemple, le fait de privilégié l’opposition plutôt que la fuite face à un agresseur armé est à proscrire….

Faire des entraînements de qualité

Avant de poursuivre sur la qualité des entraînements, je tiens à préciser ici qu’il ne s’agit pas de faire la promotion d’une discipline plus qu’une autre. Il y a de très bonnes choses dans toutes les disciplines martiales et il est important de rester ouvert d’esprit afin de pouvoir tirer la quintessence de chaque discipline. L’idée ici est de voir dans quel état d’esprit nous devons nous entraîner afin d’en tirer le meilleur parti et donc d’être plus en mesure de gérer une situation d’agression et le stress associé.

L’entraînement est le meilleur moyen pour se préparer à une agression et gérer le stress associé de manière efficace. Faut-il encore s’entraîner de manière adéquate avec la bonne approche et le bon état d’esprit. Voici quelques éléments de réflexion qui vous permettrons, je l’espère, de tirer le meilleur parti de vos prochaines sessions d’entraînement:

  • Se mettre en situation d’apprentissage: Observer, écouter, essayer, questionner, se questionner …
  • Sortez de votre zone de confort, mettez-vous en difficulté afin de réellement être en situation d’apprentissage. Cela ne signifie pas se mettre en danger ou se pousser à bout, votre professeur/maître est là pour vous guider et aussi vous pousser en dehors de votre zone de  confort. Et oui, il est parfois plaisant de s’entraîner tout en discutant une heure avec un copain mais pour progresser, il faut être concentré et pratiquer. Après, à chacun de voir quel est son objectif…
  • S’entraîner en club est avant tout l’opportunité de rencontrer des gens divers et variés (petit, grand, homme, femme, musclé, souple …), c’est donc une occasion unique de pratiquer avec des personnes différentes qui, pour sûr, vous mettront en difficulté (et cela quel que soit votre niveau). Il faut voir cela comme une moyen d’apprentissage qui vous offre la possibilité de comprendre pourquoi vous n’arrivez pas à vous défendre face à ce type de gabarit.

GestionStress-Shuhari

  • Répéter et pratiquer les techniques sans relâche: mauvaise nouvelle, l’efficacité ne s’acquière qu’au prix de la sueur. Il faut répéter inexorablement les techniques de manière à les apprendre. Quand je dis apprendre, je ne parle pas d’un apprentissage théorique/intellectuel mais bien d’un apprentissage physique. Votre corps doit connaître la technique, votre corps doit être capable de la réaliser spontanément sans aucune intervention de votre tête ; c’est aussi pourquoi, dans un cadre d’efficacité pure, votre maître/professeur ne doit vous apprendre que des techniques simples et directes (sous stress, des mouvements complexes sont irréalisables).On retrouve là le concept de Shu Ha Ri très présent dans les arts-martiaux japonais mais ceci est une autre histoire que je développerai peut-être dans un autre article…

Etre mentalement prêt

On ne le répétera jamais assez mais la composante psychologique lors d’une agression prend une place prépondérante. Notre crétin de cerveau (et oui, bien qu’au sommet de la chaîne de l’évolution) aime se jouer de nous en situation extrême ce qui, sous bien des aspects, peut nous mettre en difficulté voir nous conduire dans une impasse . Cela s’amplifie lors d’une agression car le stress inhibe notre capacité à réfléchir de manière complexe rendant ainsi impossible l’exécution de mouvements complexes. Il est donc primordiale de se préparer mentalement à une agression ; attention, il ne s’agit pas ici de tomber dans la paranoïa mais simplement prendre conscience de ses limites et connaître quelques outils qui pourront nous faciliter la tâche le cas échéant.

Voici quelques outils qui vous permettront de mieux gérer vos émotions et donc votre stress en cas d’agression :

  • La visualisation: L’objectif n’est pas ici de s’imaginer le plus fort mais simplement de concevoir l’issue de la situation comme positive sans tomber dans le stéréotype de la méthode Couet. Il s’agit plus croire en soi et en sa capacité à sortir indemne de la situation quelque soit la méthode utilisée pour résoudre le conflit (dialogue, collaboration, …); on retrouve ici le concept de pensée auto-réalisatrice ou effet Pygmalion qui provoque une amélioration de ses performances sous réserve  que l’on croit en sa réussite. N’oubliez pas, votre détermination à sortir indemne d’une agression est votre meilleur allié.

GestionStress-Mushin

  • L’esprit libre: Restez calme et concentrez-vous sur l’instant présent et la situation afin d’anticiper ce qu’il va se passer plutôt que sur vos pensées intérieures. Si un scénario catastrophe se présente à vous, chassez-le et recentrez-vous sur l’instant présent. En cas d’agression, il faut avoir l’esprit serein et surtout ne penser qu’à l’instant présent afin de pouvoir réagir vite si besoin. On retrouve ici le principe de « Non-pensé » ou Mushin, très présent dans les arts-martiaux japonais. Ce concept en lui seul est complexe et nécessiterait de longues lignes pour être esquissé. Pour ceux qui souhaite en savoir plus sur ce sujet, je vous conseille de lire le livre « Go Rin No Sho » de Miyamoto Musashi, véritable bible de la stratégie de combat. Vous pouvez aussi lire l’article de notre ami Lionel FROIDURE, Mushi , qui vous présente ce concept.
  • La respiration: Le stress augmente notre rythme cardiaque et notre respiration. A l’inverse, si nous contrôlons notre respiration et adoptons une respiration ventrale lente et reposante, nous serons enclin au calme et donc cela vous aidera à réfléchir et à agir.

Il est important d’avoir conscience de ces outils afin de pouvoir les utiliser lors de vos entraînements lorsque, par exemple, votre professeur vous pousse à bout et que vous ne vous sentez plus capable d’agir. C’est alors au mental de prendre la relève afin de gérer au mieux la situation qui vous est proposée. Votre professeur ne fait pas cela pour vous rabaisser, bien au contraire, il cherche à mettre en avant votre capacité à agir et tente de vous apprendre à gérer ce type de situation qui n’est qu’une lointaine simulation d’’une véritable agression…

Parce qu’il faut conclure

La gestion du stress en situation d’agression est un sujet vaste et complexe. On ne sera jamais préparé à 100% à une telle situation, on peut tout au mieux s’entraîner avec sincérité et avec tout son cœur afin de connaître ses limites et comportements en cas de stress en situation sous contrôle. Il ne faut pas hésiter à multiplier les expériences et situations à l’entraînement afin de limiter l’imprévu et pratiquer sans relâche, non pas de matière théorique, mais physique, dans la sueur. Comme le dit notre ami Lionel FROIDURE

Pour être un bon pratiquant, il faut pratiquer  alors pratiquons

Enfin, pour être sûr de pouvoir agir efficacement en cas d’agression, il faut enlever toutes fioritures aux techniques : aller à l’essentiel, faire simple et directe afin de ne pas avoir besoin de penser quand le temps de l’action viendra, en espérant que ce dernier ne se présente jamais…

G. GRES en situation de self-defense