La ceinture noire de Nihon-Taï-Jitsu

Devenir 1er DAN

Passer son 1er Dan de Nihon-Taï-Jitsu, contrairement à ce qu’on le pourrait penser, n’est pas matérialisé dans le temps par le simple examen. Personnellement j’estime que le passage dure au bas mot toute une année.
Alors bien sûr, on pourrait rajouter les années précédentes car elles sont le socle de notre connaissance actuelle mais j’aimerai dans cet article me restreindre volontairement à l’année de passage.

Lors du travail de préparation, un effort important va être nécessaire afin de prendre en compte ce que souhaite voir le jury(d’ailleurs, la dernière école des cadres mettait l’accent sur ce point).
L’examen ne se fait plus sous les yeux de notre Sensei bienveillant mais en face d’une assemblée de personnes que (parfois) nous ne connaissons pas et qui sont là pour évaluer un niveau, des gestes, des techniques, des attitudes, le tout par rapport à un programme bien précis.
Il faut alors prendre en compte toutes ces exigences durant l’année de préparation et travailler en n’oubliant jamais que l’on passe un examen.
Il est primordial de connaître par cœur le programme de l’examen de passage et au besoin de se le faire expliquer par ceux qui l’ont rédigés.
Une erreur d’interprétation peut vous valoir une note éliminatoire.

Le diable est dans le détail

On fait parfois l’erreur de penser que le fond suffira en négligeant alors la forme. Qu’il faille simplement apprendre les techniques par cœur, faire de la récitation en quelque sorte. C’est oublier les règles et traditions qui régissent notre discipline, qui font que l’on pratique un art martial traditionnel Japonais et non de la self défense.
Un keikogi sale, un oubli de salut du jury, un regard mal orienté, etc… En plus d’être un manque de respect envers notre école et nos maîtres, tous ces petits détails peuvent vous couter des points, voir même l’examen. Il est alors indispensable et ce durant toute la phase de préparation de répéter jusqu’au moindre détail les différentes épreuves de l’examen. Il faut vous donc comprendre les techniques, les katas, apprendre leur histoire, leur sens, afin de vous les approprier.

Ne rien laisser au hasard

Plutôt que de travailler les techniques seules, mieux vaut les faire en condition d’examen :

  • entrée sur le tapis,
  • salut du jury,
  • etc.

Changer l’orientation du jury lors de l’entrainement permettra par exemple, le jour de l’examen, de ne pas être perturbé. Il vous aidera aussi le jour J à ne vous concentrer que sur le travail technique. Si on ne sait pas dans quel ordre rentrer sur la surface, où doit-on se placer par rapport au jury, quand saluer, etc… alors comment peut-on espérer faire une bonne présentation….

Visez la lune pour atteindre les étoiles….

Même si l’examen que l’on passe est la présentation à un niveau (1er Dan, 2ème Dan, etc…) le travail effectué n’est pas perdu ! Je préfère partir du principe que je présente le meilleur de moi-même plutôt qu’un niveau. Pour ça, il n’y a pas de miracle : travailler, travailler, travailler…
D’abord en club avec ses professeurs, ensuite et surtout avec celui qui sera votre uke lors du passage. Faire un examen avec son partenaire ou bien avec quelqu’un avec qui on a l’habitude de travailler peut littéralement tout changer !
Le travail individuel est aussi une composante importante de votre réussite : identifiez vos points faibles et essayez de les faire disparaître(ou au moins de les gommer). Pas besoin d’être sur le tatami pour travailler le cardio ou bien les kihon…. On peut parfaitement imaginer, de se faire à la maison chaque soir une petite série rapide de révisions. En 15 minutes, on peut par exemple, enchaîner les techniques de poings pour le kihon ainsi qu’un kata. Ainsi, les cours en club permettront l’ajustement et le perfectionnement plutôt que l’unique apprentissage.

Never been so close

La veille, on sécurise tout :

  • la convocation,
  • le sac,
  • la tenue,
  • les passeports,
  • etc…

Cela peut sembler évident, mais il ne faut pas oublier de quoi boire et manger afin d’éviter un malaise ou bien si l’épreuve s’éternise.
Tout doit être prêt pour que le jour du passage, on n’ait à se concentrer que sur l’examen en lui-même.
On mange léger, on se détend et on s’offre une bonne nuit de sommeil.

Rester chaud, mais pas fatigué !

Si, mis bout à bout le passage en soit n’est pas très long, l’examen quant à lui met le corps et l’esprit à rude épreuve… Il est alors crucial de savoir gérer son effort et de rester chaud. Ca signifie:

  • s’étirer régulièrement,
  • maintenir un rythme cardiaque
  • et une température corporel suffisant.

La tête n’est pas en reste, il faut pouvoir rester concentrer suffisamment longtemps, sans se laisser perturber par les passages précédents ou à venir. Ne pas penser à l’épreuve qu’on pense avoir loupé ou bien à la prochaine que nous redoutons tant. Vous devez aussi rester hermétique aux éventuels échecs des autres participants.

L’attente est alors une épreuve en elle-même. Il faut rapidement prendre connaissance de la configuration de la zone d’examen afin de définir avec son partenaire comment se positionner pour entrer sur le tapis et par rapport au jury pour le passage et les saluts.

Vous devez aussi prendre au plus tôt connaissance de l’ordre de passage et de l’organisation de l’examen (durée totale, heure de fin, etc…). Ceci fait dès votre arrivée vous n’aurez plus alors à vous poser la question.

On éteint son téléphone portable afin de ne pas être perturbé et ensuite on répète, lentement avec son uke les différents ateliers.

Ce n’est pas le moment pour « apprendre » mais plus pour mettre son corps en condition, garder en mémoire les sensations des techniques que l’on va présenter, se rassurer.
Il est enfin indispensable de rester à l’écoute de son nom, afin de ne pas être en retard lorsqu’on vous appellera pour passer un atelier.

Hadjime !

A l’appel de votre nom, pas de panique. Essayez au contraire de profiter de l’instant en donnant le meilleur de vous-même. A la fin, vous serez certainement déçu de votre prestation, nous le sommes tous ! Mais si vous avez donné le maximum, alors vous n’aurez aucun regret.

Le jury est là pour évaluer votre niveau, pas pour vous planter, alors si vous avez travaillez correctement, avec sérieux et application, faites-vous confiance et vous verrez que vos efforts auront payé.

Pourquoi suis-je là ?

Lors de votre passage enfin, tachez de vous amuser, prenez plaisir dans ce que vous faites ! Si on vous a forcé à être ici, faites demi-tour et rentrez chez vous ! Ce passage est pour vous et pour personne d’autre. Faites-vous plaisir, donnez votre maximum, ne transformez pas cette étape martiale en épreuve purement scolaire dénuée de sens et d’émotions.

Conclusion…. Parcequ’il en faut une…

Personnellement, l’année de mon passage fut l’une de mes plus belles années sportive et humaine. La chance de travailler avec mes professeurs et maintenant amis, d’apprendre auprès d’eux et enfin l’honneur et la fierté de recevoir cette ceinture de leurs mains.

Passer son 1er Dan, c’est enfin se décaler sur la droite pour le salut, ce qui signifie faire de la place pour accueillir les nouveaux et aider les kyu à réussir à leur tour.

Pour finir il ne faut pas oublier l’adage qui dit qu’au final, une ceinture ne sert qu’à tenir le pantalon…

Stage-Shaolin-2-Juin-2016

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Maitre WASHIZU et Maitre HERNAEZ

Stage anniversaire du Nihon-Taï-Jitsu

A l’occasion des 60 ans du Nihon-Taï-Jitsu, l’EFNTJ organise un stage unique le 3 et 4 juin prochain à l’INSEP Paris.

En plus de pratique avec de nombreux gradés et pratiquants de diverses horizons, ce stage sera dirigé par 2 grands maîtres:

  • Maitre HERNAEZ, Hanshi, 9ème DAN Nihon-Taï-Jitsu/Nihon-Ju-Jitsu et fondateur du Nihon-taï-Jitsu
  • Maitre WASHIZU, Aikido Yoseikan/Gyokushin Ryu: Un grand maître japonnais venant en France pour l’occasion.

Les occasions de travailler avec de grands maîtres (et un maître japonnais en France) sont très rare, alors à vos agendas et on vous attend nombreux pour ce stage qui sera, pour sur, exceptionnel.

Pour plus d’information sur l’inscription, hébergement et l’organisation de ce stage, il suffit d’aller vers un petit tour sur le site de l’EFNTJ ici.

Affiche stage 60 ans Nihon-Taï-Jitsu/Nihon-Ju-Jitsu

1 même situation mais 2 attitudes selon le contexte! Au dojo en Nihon-Taï-Jitsu, nous travaillons un large éventail technique. En Self-Défense dans la rue, nous utilisons des techniques simples en accord avec le cadre de légitime défense.

Différence Nihon-Taï-Jitsu & Self-Défense

Certains de nos pratiquants de Self-défense qui n’osent pas « sauter le pas » du Nihon-Taï-Jitsu nous demandent parfois quelles sont les différences entre ces deux pratiques.
Tachons ici d’apporter un éclairage à cette interrogation.

« Art de combat d’inspiration japonaise mais de conception occidentale, le Nihon-Taï-Jitsu est une méthode moderne de défense personnelle signifiant en japonais « Techniques de corps ». C’est une discipline basée sur les attaques pouvant se produire dans la vie courante. »

Si l’on s’en tient à cette définition officielle du Nihon-Taï-Jitsu, on peut donc dire que c’est la pratique de la self-défense.

Alors pourquoi l’avoir scinder en deux disciplines deux appellations différentes?

Tout d’abord, un pratiquant de self-défense qui viendrait faire un cours de Nihon-Taï-Jitsu ne serait pas dépaysé du tout. Les techniques et les attaques sont en effet sensiblement les mêmes.
L’une des seules différences vient du fait que la self-défense est régie par le sacro-saint cadre juridique de Légitime Défense (proportionnalité de la défense par rapport à l’attaque, temporalité et nécessité) et que nous évitons donc certaines techniques jugées trop dangereuses « dans la rue » (voire mortelles).

Si en effet au dojo, une projection est plutôt inoffensive, sur un sol dur,  ce n’est plus la même chose ! Un bon chuteur se relèvera immédiatement d’une projection contrôlée faite par un pratiquant sur un tatami, alors que cette même projection pratiquée sur un agresseur sur un trottoir peut se révéler fatale.

Les techniques d’attaques sont aussi différentes. Si en self-défense nous utilisons des agressions comme elles peuvent se produire dans la rue, étant un art martial Japonais en Nihon-Taï-Jitsu, nous utilisons parfois des attaques plus « traditionnelles ». Ces dernières étant plus variées, elles offrent de ce fait un plus grand nombre de ripostes possible.
Il y a une différence entre une agression (rue) et des échanges / progression (tatamis).

Le Nihon-Taï-Jitsu de part sa composition et son enseignement plus complet traditionnel apportent un apprentissage plus global au pratiquant aussi bien sur l’aspect technique que sur l’aspect physique.
Le panel des techniques de ripostes par atémis, clés ou bien projections n’est pas limité par le cadre de la législation puisqu’il s’agit ici d’un travail dans un cadre sportif. Cet éventail martial offrant de grandes libertés à l’élève, il lui permet in fine de faire face à tous les types de situations.

L’aspect physique est quant à lui mis en avant par un travail de précision, de rapidité et de contrôle.

De plus, durant les cours de Nihon-Taï-Jitsu, il y a toujours une partie traditionnelle et une autre « orientée » Self-défense, afin que l’élève puisse se rendre compte de l’efficacité de la technique dans une approche moins « lisse ».

Au final, pour ceux qui hésitent encore, venez faire un cours d’essai, et nos professeurs se feront un plaisir de vous montrer par la pratique que la frontière entre les deux disciplines est finalement presque invisible !